L'escalade et sa marmite

L'escalade

jeudi 10 décembre 2009, 22:49

Dans la nuit du samedi 11 décembre 1602, le duc Charles-Emmanuel de Savoie fait attaquer Genève par surprise et en dépit de la paix qu'il avait jurée et rejurée. Au terme d'une marche depuis Bonne et La Roche en Haute-Savoie, plus de deux mille hommes à pied ou à cheval parviennent à Plainpalais, un peu hors les murs.

Dans leur matériel, des éléments d'échelles longs d'environ 1 m 70 chacun, emboîtables, pesant quelque 8 kg, qu'ils assemblent sur place et hissent le long de la muraille (par dessus laquelle ont été construits depuis lors les immeubles pairs de la rue de la Corraterie).

Tirés de leur sommeil par un coup d'arquebuse du garde Jacques Mercier, tandis que son caporal François Bousezel est le premier à être blessé à mort pendant la ronde de nuit qu'il effectuait, les Genevois s'emparent de leurs armes pour aller contrer l'ennemi. De proche en proche, l'alerte générale est donnée par le porte-lanterne, puis par un coup de feu au poste de la Monnaie, et encore par le tocsin du haut de la cathédrale Saint-Pierre auquel d'autres cloches font bientôt écho.

C'est le peuple entier qui se bat autant que sa milice bourgeoise et la garde soldée. Le symbole le plus célèbre qui nous est resté est la marmite que Catherine Cheynel, épouse de Pierre Royaume, surnommée affectueusement la Mère Royaume, a expédiée sur la tête d'un assaillant. Et Dame Piaget a lancé la clef de sa maison pour que des Genevois puissent passer et prendre l'ennemi à revers.

Le projet de l'ennemi de faire sauter la porte Neuve (par le pétardier Picot) pour ménager le passage au gros des troupes ne se réalise pas, parce que le garde Isaac Mercier a le réflexe de faire tomber la herse. Face à cette situation, et se rendant compte que l'attaque a échoué, les troupes ducales ont hâte de retourner à leurs campements avant que le jour se lève.

La Mère Royaume :

La mère Royaume est un des personnages célèbres de l'Escalade. Elle s'est distinguée par son courage, en lançant un pot de fer sur la tête d'un savoyard depuis sa fenêtre.

Qui était la Mère Royaume ?
La mère Royaume est née à Lyon, il y a environ 450 ans. Elle s'appelle alors Catherine Chaynel. Lorsqu'elle a entre 20 et 25 ans, elle épouse Pierre Royaume et devient donc Catherine Royaume ou Dame Royaume comme on le disait souvent à cette époque.
A l'âge de 30 ans environ, Pierre et Catherine Royaume doivent quitter Lyon. Ils viennent habiter à Genève. Pierre Royaume est alors chargé de graver les pièces de monnaie de la République de Genève. Il s'installe avec sa femme dans la maison du graveur de la République située au bas de la Cité, à l'emplacement actuel de la rue de la monnaie.
Dame Royaume était une femme comme les autres qui s'occupait du ménage et de ses 14 enfants (dont plusieurs moururent en bas âge). Elle est devenue célèbre bien après la fameuse nuit de l'Escalade. Ce n'est qu'au XVIIIème siècle que le nom de la Mère Royaume commence à apparaître dans les récits de l'Escalade.

La tradition de la marmite

après la nuit de l'Escalade, des chocolatiers ouvrent la tradition de la marmite en chocolat. Aujourd'hui, le soir du 12 décembre, les Genevois mangent une marmite en chocolat frappée aux armes de Genève et remplie de légumes en massepain. La coutume veut que le plus vieux et le plus jeune brisent la marmite ensemble, en disant la phrase rituelle : "Et c'est ainsi que périrent les ennemis de la République".

Voici la nôtre.

Voilà bien des années que je n'en avais acheté ...
elle est belle ...
on c'est éclaté